Le sang de Kabeya Nsenda crie justice à Kinshasa

Redigé par Tite Gatabazi
Le 1er avril 2025 à 12:57

Le cortège de Madame Judith Suminwa, la Première Ministre a, dans un acte d’une brutalité inqualifiable, arraché la vie à un serviteur de la nation, l’agent de la Police de Circulation Routière, Kabeya Nsenda. Ce dernier, en toute conscience professionnelle, n’avait fait qu’appliquer la loi en s’opposant à une violation flagrante du code de la route par les dignitaires du régime. Son crime ? Avoir tenté de faire respecter l’ordre dans une ville livrée aux caprices des puissants.

Mais pourquoi tant de fureur ? Pourquoi soumettre un homme d’honneur à une déferlante de coups ? Pourquoi l’humilier, l’abattre de la sorte, tel un paria dont l’existence ne saurait avoir de valeur ? Ainsi, sous les coups impitoyables de ses bourreaux, Kabeya Nsenda a succombé. Il ne regagnera plus jamais son foyer, ne serrera plus jamais ses enfants dans ses bras. Lui, qui avait fait serment de protéger la population, a trouvé la mort sous la main implacable de ceux qui prétendent incarner l’autorité de l’État.

Pendant ce temps, Madame la Première Ministre a regagné paisiblement sa demeure. Elle a retrouvé les siens, bercée par le confort et le silence. Mais les enfants de Kabeya Nsenda, eux, ont attendu en vain. Jamais plus ils ne verront leur père franchir le seuil de leur maison. Désormais, leur existence sera marquée du sceau de l’absence et du deuil.

Et maintenant, que restera-t-il pour eux, si ce n’est le désespoir ? Qui assurera leur avenir, leur éducation ? Qui se dressera pour exiger justice face à une machine étatique qui semble ne répondre que d’elle-même ?

On est dans une République gouvernée par des intouchables, où l’impunité est érigée en système ? Un État où la loi s’abat sur les faibles tandis que les puissants foulent aux pieds les principes les plus élémentaires de la justice et de la dignité humaine ?

Un pouvoir qui réprime, opprime et extermine avec la même sauvagerie que les groupes armés qu’il prétend combattre ?

Le sang de Kabeya Nsenda crie justice. L’indignation est totale, la douleur immense. Jusqu’à quand cette banalisation macabre de la vie humaine se poursuivra-t-elle dans notre pays ?

Le cortège de Madame Judith Suminwa, Première Ministre, a tragiquement ôté la vie à l'agent de la Police de Circulation Routière, Kabeya Nsenda

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