Kadasomwa et d’autres localités voisines ont été ravagées, laissant derrière elles des corps, des familles déchirées et des populations entières en fuite.
Selon Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, la communauté banyamulenge de Minembwe a été frappée de plein fouet. Des dizaines de morts, des blessés sans soins, des villages vidés dans la panique : un scénario devenu tristement familier dans cette région où les civils paient le prix fort d’une guerre qui ne dit pas son nom.
Kanyuka a souligné que ces attaques obligent les combattants de l’AFC/M23 à intervenir pour secourir les civils en danger, rappelant que cela fait partie de leurs responsabilités. Il en a profité pour critiquer la communauté internationale, qui continue de garder le silence alors que ces atrocités se poursuivent.
La trêve trahie, les civils sacrifiés
En avril dernier, un cessez-le-feu avait été signé entre Kinshasa et l’AFC/M23. Trois mois plus tard, en grande pompe, Doha servait de cadre à la réaffirmation de ce fragile espoir de paix. Mais sur le terrain, les obus parlent plus fort que les signatures.
Des colonnes de soldats et de blindés sont arrivées de Kisangani, de Kalemie, de Bujumbura, signe que la RDC n’a jamais cessé de préparer la guerre. Une guerre qui, de plus en plus, se détourne des fronts militaires pour viser les populations civiles, en particulier les Banyamulenge et les Congolais d’ethnie tutsi.
Pour Freddy Kaniki, président du mouvement MRDP-Twirwaneho et vice-président de l’AFC, ces attaques ne sont pas des épisodes isolés, mais les étapes d’un processus planifié : “Le génocide a commencé en 2017 et il est maintenant dans sa phase finale ; ils veulent achever ce qu’ils ont commencé, sinon il n’y aurait aucune autre raison d’envoyer des troupes à Minembwe, là où il reste encore des habitants.”
Les chiffres glaçants donnent raison à cette lecture : 357 villages banyamulenge incendiés en huit ans, plus de 700 000 têtes de bétail pillées – la principale richesse de cette communauté pastorale.
Derrière ces chiffres, ce sont des familles entières réduites à l’errance, des enfants privés d’école, des femmes contraintes à l’exil, des anciens arrachés à leurs terres ancestrales.
Le silence coupable du monde
Pourtant, la communauté internationale détourne le regard. Alice Wairimu Nderitu, alors conseillère spéciale de l’ONU pour la prévention du génocide, avait à plusieurs reprises alerté sur le sort des Banyamulenge. Ses appels sont restés sans réponse.
Dans le même temps, des organisations de défense des droits de l’homme multiplient les rapports à charge contre l’AFC/M23 et l’armée rwandaise, sans preuves solides, contribuant à inverser la narration du conflit et à couvrir, indirectement, les exactions commises par Kinshasa et ses alliés.
« Qu’ils soient Interahamwe, Wazalendo ou au sein même du gouvernement congolais, leurs crimes sont visibles de tous. Des réfugiés affluent chaque jour chez nous, d’autres sont massacrés en silence », a dénoncé Paul Kagame le 25 août, devant des militaires à Gabiro.
Chaque attaque contre les civils rend plus illusoire la mise en œuvre des accords de Doha.
Faute de pression internationale sur Kinshasa, la trêve est devenue une façade diplomatique derrière laquelle se perpétuent massacres et déplacements forcés.
Et dans l’Est congolais, où la guerre est devenue un quotidien, les Banyamulenge, comme tant d’autres communautés, vivent avec une question lancinante : combien de temps encore le monde tolérera-t-il leur extermination progressive ?




AJOUTER UN COMMENTAIRE
REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!