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Félix Tshisekedi ou un mandat doré et un fiasco inexcusable

Redigé par Tite Gatabazi
Le 13 février 2026 à 12:40

L’histoire politique de la République démocratique du Congo est jonchée de paradoxes cruels : des hommes accédant au pouvoir dans des conditions désespérées parviennent parfois à inscrire leur nom dans la postérité, tandis que d’autres, portés par l’aisance et la faveur populaire, déçoivent jusqu’au désarroi collectif.

Félix Tshisekedi appartient à cette dernière catégorie. Héritier d’un pays stabilisé et d’un capital politique considérable, il disposait de tous les instruments pour transformer la nation et inscrire son mandat dans la grandeur. Et pourtant, le constat est accablant : tout le potentiel dont il jouissait a été dilapidé, laissant place à une gouvernance marquée par l’impréparation, l’inertie et le compromis mou.

Un héritage d’exception : stabilité, légitimité et espoir

À son accession, Tshisekedi bénéficiait d’un contexte quasi idyllique. Là où Joseph Kabila avait hérité d’un État fragmenté, livré à des rébellions multiples, avec des institutions vacillantes et un territoire en proie à l’insécurité, Tshisekedi a trouvé un Congo relativement unifié, un État fonctionnel et des institutions capables de soutenir l’action présidentielle.

Sur le plan symbolique, l’avantage était tout aussi écrasant. Il n’avait ni le fardeau de la suspicion identitaire qui a empoisonné le règne de Kabila, ni l’hostilité quasi généralisée de l’opinion publique.

Au contraire, il incarnait l’héritage prestigieux de son père, Étienne Tshisekedi, et profitait de l’espoir immense d’un peuple prêt à lui accorder indulgence, confiance et même ferveur. Toutes les conditions étaient réunies pour un mandat exemplaire : un terreau fertile, des institutions fonctionnelles, un capital moral et politique unique.

De la potentialité au fiasco : l’échec d’une gouvernance attendue

Et pourtant, malgré cette conjoncture exceptionnelle, le bilan est décevant, voire catastrophique. Là où le pays attendait des réformes ambitieuses, une vision claire et un leadership affirmé, il a été confronté à l’hésitation, aux compromis politiques bancals et à une gestion oscillant entre inertie et improvisation.

Le paradoxe est cruel : avoir toutes les cartes en main pour réussir aurait dû garantir la transformation du pays. Mais l’aisance initiale n’a jamais remplacé la clairvoyance, la volonté et la capacité d’imposer une direction cohérente.

Le résultat est un mandat marqué par l’incapacité à traduire le potentiel en action, un mandat où l’espoir populaire s’est heurté à l’évidence d’une gouvernance défaillante. Félix Tshisekedi, malgré l’avantage historique et institutionnel dont il disposait, a donc échoué là où d’autres, dans des conditions plus adverses, auraient pu réussir.

L’expérience du mandat de Félix Tshisekedi offre une leçon politique impitoyable : le pouvoir ne se mesure pas à l’avantage hérité mais à l’intelligence, à la détermination et à l’audace avec lesquelles il est exercé.

Héritier d’une nation stabilisée, porté par la sympathie et l’espoir d’un peuple entier, Tshisekedi aurait pu marquer l’histoire de son empreinte. Il laisse, au contraire, le souvenir d’un mandat où l’opportunité s’est heurtée à l’incompétence, et où la grandeur promise a cédé la place à la déception.

Dans le théâtre politique congolais, ce contraste saisissant entre potentialité et fiasco restera une mise en garde pour tout successeur : la faveur du destin ne suffit jamais à garantir la réussite.

Félix Tshisekedi, malgré l’avantage historique et institutionnel dont il disposait, a donc échoué là où d’autres, dans des conditions plus adverses, auraient pu réussir

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