Le climat des affaires ou un écosystème fragile face aux miasmes de la corruption en RDC

Redigé par Tite Gatabazi
Le 13 janvier 2026 à 04:27

Dans un contexte où l’économie congolaise aspire à s’ériger en plateforme d’attractivité pour les investisseurs internationaux, la persistance de pratiques corruptrices constitue un obstacle majeur, presque insurmontable, à toute consolidation d’un climat des affaires serein et prévisible.

La confiance des opérateurs économiques, condition sine qua non de l’investissement et du développement durable, se voit irrémédiablement ébranlée par des agissements qui trahissent la déontologie publique et détournent l’initiative privée de son objectif premier  : la création de valeur réelle au service de la société.

En ce sens, il est impératif de rappeler que le tissu entrepreneurial ne peut s’épanouir que dans un environnement où la rigueur contractuelle et la transparence constituent des standards non négociables. Tout écart de conduite, qu’il soit institutionnel ou individuel, sape le socle sur lequel reposent l’attractivité et la compétitivité nationales.

Corruption et responsabilité : le dossier PayServices révèle l’ampleur des dysfonctionnements

L’affaire judiciaire initiée par la société de fintech PayServices aux États-Unis illustre, de manière éclatante, l’ampleur des entraves institutionnelles qui continuent d’affecter le pays. La plainte, fondée sur la violation de contrat par l’État congolais et sur des tentatives de corruption imputées à des personnalités clés du pouvoir, met en lumière une orchestration complexe de blocages administratifs.

Parmi les figures mises en cause, Aphy Badaga Mubagwa, conseiller présidentiel chargé de l’économie et des finances, aurait formulé une demande de corruption, désormais examinée par la justice américaine. Par ailleurs, le directeur de cabinet présidentiel, Nkinzo Kamole, est soupçonné d’avoir, en collusion avec le ministre des Finances, entravé une rencontre prévue avec le chef de l’État à New York fin 2024, compromettant ainsi non seulement des échanges diplomatiques, mais également la crédibilité économique du pays.

Cette affaire, révélatrice des défaillances structurelles et de la porosité des institutions face aux pratiques corruptives, souligne l’urgence d’une réforme en profondeur.

Au-delà des individus, c’est l’architecture même de la gouvernance économique qui est mise à l’épreuve. Pour restaurer la confiance des partenaires internationaux et sécuriser l’investissement, il ne suffit pas d’énoncer des principes  : il faut démontrer, par des actes tangibles et des sanctions effectives, que la corruption ne saurait prospérer dans un État qui entend prétendre à la modernité et à la responsabilité économique.

En définitive, la convergence entre transparence, discipline contractuelle et probité administrative demeure la condition sine qua non de tout redressement. Les investisseurs, aujourd’hui mieux informés et juridiquement armés, n’accepteront plus de naviguer dans un environnement où la corruption se mêle aux affaires.

L’affaire PayServices constitue, à cet égard, un signal d’alarme et un appel solennel à la rigueur institutionnelle, seul garant d’un avenir économique crédible et durable pour la République démocratique du Congo.

Le directeur de cabinet congolais, Nkinzo Kamole, et le ministre des Finances sont soupçonnés d’avoir entravé une rencontre présidentielle à New York fin 2024, mettant en péril diplomatie et crédibilité économique

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