Urgent

Le conclave de la vigilance ou le réquisitoire contre une dérive autoritaire

Redigé par Tite Gatabazi
Le 13 avril 2026 à 09:08

Réuni sous l’égide du Président Honoraire Joseph Kabila, le deuxième conclave de la plateforme « Sauvons la RDC » s’est imposé comme un moment de cristallisation politique, où la parole collective s’est élevée avec une gravité solennelle pour dresser un constat sans concession de la situation nationale.

A travers une déclaration dont la teneur confine au réquisitoire, les participants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de dérive dictatoriale désormais assumée, marquée par une répression politique systématique qui, loin de relever d’excès isolés, s’inscrit dans une logique structurée d’étouffement des voix dissidentes.

Dans cette perspective, la restriction des libertés publiques, la mise sous pression des acteurs politiques et de la société civile, ainsi que le rétrécissement progressif de l’espace démocratique apparaissent comme autant de symptômes d’un glissement préoccupant.

La République démocratique du Congo, dont l’histoire récente demeure profondément marquée par les luttes pour l’instauration d’un État de droit, se trouverait ainsi confrontée à une forme de régression politique dont les conséquences pourraient s’avérer durables.

Plus alarmant encore, le conclave a évoqué les bombardements indiscriminés de zones densément peuplées, dénonçant des pratiques qui, si elles étaient avérées, traduiraient une rupture inquiétante avec les principes fondamentaux de protection des populations civiles.

Une telle situation, au-delà de son caractère tragique, interroge la responsabilité des autorités dans la conduite des opérations sécuritaires et soulève des enjeux majeurs en matière de respect du droit et de préservation de la vie humaine.

Constitution, paix et responsabilité : l’exigence d’un sursaut national
Au cœur de cette prise de position se trouve également une critique acerbe de la gouvernance actuelle, accusée de mauvaise foi dans la gestion des crises et dans la conduite des processus de paix.

Selon les conclusions du conclave, cette posture contribuerait à éloigner chaque jour davantage les perspectives d’une paix durable, pourtant attendue avec une impatience croissante par des populations éprouvées par des années de conflits et d’instabilité.

Dans ce contexte, la défense de la Constitution s’érige en ligne de fracture essentielle. Les participants ont exprimé une opposition ferme et catégorique à toute tentative de révision ou de changement de la loi fondamentale, perçue comme un socle intangible de l’ordre républicain.

La Constitution n’est pas, dans cette lecture, un instrument malléable au gré des intérêts politiques du moment, mais bien le garant suprême de l’équilibre des pouvoirs et de la limitation de l’autorité.

S’engager à faire échec à toute entreprise de modification opportuniste revient dès lors à affirmer une conception exigeante de la démocratie, fondée sur le respect des règles établies et sur la primauté du droit.

Ce positionnement traduit, au-delà des clivages politiques, une volonté de préserver l’essence même du pacte républicain face aux tentations de personnalisation du pouvoir.
Ainsi, le 2e conclave de « Sauvons la RDC » se présente comme un appel à la lucidité et à la responsabilité collective. Il invite à une prise de conscience nationale sur les dangers d’une dérive autoritaire et sur la nécessité impérieuse de restaurer les conditions d’une gouvernance respectueuse des principes démocratiques.

Entre dénonciation des excès et défense des fondements constitutionnels, il esquisse les contours d’un affrontement politique où se joue, en définitive, l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.

Le deuxième conclave de la plateforme « Sauvons la RDC », présidé par Joseph Kabila, a dressé un constat sévère de la situation nationale

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