L’Angola aurait refusé la demande de Tshisekedi d’envoyer des troupes après la chute d’Uvira

Redigé par IGIHE
Le 13 janvier 2026 à 07:30

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) avait sollicité une assistance militaire de l’Angola à la mi-décembre 2025, au lendemain de la prise de la ville d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23, le 10 décembre, Luanda aurait décliné la demande, privilégiant plutôt une médiation politique.

Selon le journal Jeune Afrique, cette requête est intervenue dans un contexte de fortes inquiétudes à Kinshasa quant à une possible extension du conflit vers d’autres provinces, notamment Kalemie, dans le Tanganyika.

Face à la progression rebelle, les autorités congolaises redoutaient un embrasement régional et espéraient un soutien militaire de Luanda. Toutefois, l’Angola a décliné la requête, rappelant au président Félix Tshisekedi que, même lors du déploiement de la force de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) au Nord-Kivu, les soldats angolais n’y avaient pas participé.

En lieu et place d’une intervention armée, Luanda a privilégié une approche diplomatique fondée sur la médiation politique.

C’est dans ce cadre que Félix Tshisekedi s’est rendu à Luanda le 14 décembre pour s’entretenir avec João Lourenço, également président en exercice de l’Union africaine. Les discussions ont porté sur les voies possibles d’éventuels dialogues.

Le chef de l’État congolais s’est une nouvelle fois rendu en Angola le 5 janvier 2026. Les deux dirigeants y ont convenu que les futures concertations - qui devraient se tenir à Kinshasa - devraient associer un large panel d’acteurs congolais, y compris des opposants politiques et le mouvement rebelle AFC/M23.

Dans les jours qui ont suivi, le président angolais a mené des consultations discrètes avec plusieurs figures susceptibles de jouer un rôle dans cette dynamique, parmi lesquelles l’ancien président Joseph Kabila et ses proches collaborateurs Moïse Nyarugabo et Raymond Tshibanda. L’objectif était de préparer une nouvelle phase de dialogue national, même si les deux capitales évitent soigneusement d’employer l’expression de « nouveau processus de paix ».

De son côté, le coordinateur de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, qui avait annoncé le retrait des combattants du M23 d’Uvira comme un « geste de confiance », a questionné, via un récent communiqué, des clarifications sur la portée réelle de cette initiative.

Il a notamment souhaité savoir en quoi ces discussions se distingueraient des pourparlers déjà engagés à Doha. Invités à Luanda dans le cadre des préparatifs des rencontres de Kinshasa, les rebelles ont exigé des garanties afin que cette démarche ne remette pas en cause les accords existants.

Selon des sources diplomatiques, Félix Tshisekedi est retourné à Luanda le 8 janvier pour finaliser la liste des participants aux futures discussions. Parallèlement, il est rapporté que l’Angola multiplie les contacts avec des responsables religieux et des figures de l’opposition congolaise, tout en s’abstenant d’officialiser une quelconque relance formelle d’une nouvelle phase de dialogue.

Alors que la RDC demandait une aide militaire à l’Angola après la chute d’Uvira, Luanda aurait refusé, privilégiant plutôt une médiation politique

Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité