Urgent

L’heure d’un sursaut politique sous l’égide de la paix en RDC

Redigé par Tite Gatabazi
Le 28 août 2025 à 02:25

Du 3 au 6 septembre prochain, l’Afrique du Sud accueillera, sous l’impulsion de la Fondation Thabo Mbeki, une conférence d’envergure qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.

Y sont conviés des figures politiques aux parcours parfois antagonistes, mais que l’urgence de la situation nationale oblige à se retrouver autour d’une même table : Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Seth Kikuni, Joseph Kabila, Corneille Nangaa, Antipas Mbusa Nyamwisi, Eberande Kolongele, Thomas Lubanga à la tête de la CRP, sans oublier les deux grandes institutions religieuses du pays, la CENCO et l’ECC.

Leur présence commune, dans un espace de dialogue voulu par une fondation africaine de prestige, témoigne d’une volonté partagée : tenter de sortir la RDC de l’ornière où l’ont conduite des décennies d’improvisation politique et de violence institutionnalisée.

Car il faut le dire sans détour : la classe politique congolaise est en état de léthargie avancée, paralysée par des rivalités de personnes, engluée dans des logiques de pouvoir clientélistes et incapable d’imaginer une vision nationale commune. Dans ce vide de leadership, ce sont les armes qui se sont imposées, confisquant la parole politique au profit de la brutalité des milices et des armées parallèles.

L’initiative de la CENCO et de l’ECC, appuyée par la Fondation Thabo Mbeki, prend ainsi tout son sens : elle vise à réintroduire dans l’espace public une dynamique de concertation qui, si elle n’est pas la panacée, constitue au moins un début de rupture avec la culture de l’affrontement permanent.

Mais un tel rendez-vous ne saurait être réduit à une simple cérémonie diplomatique. Il oblige. Il impose aux leaders présents de dépasser la tentation de l’autosatisfaction, de la posture victimaire ou du calcul électoral à courte vue. Le peuple congolais, épuisé par des décennies de guerres, de massacres et de promesses trahies, attend de ses dirigeants un véritable sursaut de responsabilité.

La paix et la sécurité, thèmes centraux de cette conférence, ne peuvent être invoqués comme des slogans creux : ils doivent être traduits en engagements concrets, vérifiables, qui mettent fin à la banalisation de la violence et à l’instrumentalisation cynique de la haine.

C’est donc un moment de vérité. Chacun des acteurs conviés devra répondre à une interrogation fondamentale : est-il prêt à mettre l’intérêt général au-dessus de ses intérêts personnels ? Est-il prêt à reconnaître ses erreurs et à s’engager, de manière sincère, sur la voie d’une réconciliation nationale qui ne soit pas seulement un mot mais une pratique ? Le rôle des églises, CENCO et ECC, sera à cet égard décisif, car elles portent encore une autorité morale que les partis politiques ont, depuis longtemps, galvaudée.

La RDC n’a plus le luxe du temps. Chaque jour de blocage politique alimente la spirale de l’insécurité, fracture un peu plus le tissu social et éloigne l’horizon d’un État réconcilié avec lui-même. En convoquant cette conférence, la Fondation Thabo Mbeki adresse à la classe politique congolaise un rappel sévère : gouverner n’est pas se maintenir, gouverner c’est servir.

Ceux qui prendront la parole en Afrique du Sud auront une responsabilité historique : dire si le Congo choisira de demeurer prisonnier de ses démons, ou s’il osera enfin, par un sursaut d’unité, écrire une nouvelle page de son destin.

Du 3 au 6 septembre, l’Afrique du Sud accueillera une conférence majeure sur l’avenir de la RDC, organisée par la Fondation Thabo Mbeki

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