Urgent

La dérive guerrière d’un pouvoir en perte de repères en RDC

Redigé par Tite Gatabazi
Le 28 août 2025 à 02:18

Félix Tshisekedi, incarnation jusqu’à la caricature d’un pouvoir enivré par ses propres certitudes, semble n’avoir rien appris de la débâcle de ses armées hétéroclites, coalition improbable de FARDC épuisées, de FDLR ressuscitant les vieux démons du génocide contre les tutsi au Rwanda, de Wazalendo exaltés, de contingents burundais, de mercenaires en quête de butin et de troupes de la SADC engagées à contre-emploi.

Ce conglomérat militaire, incapable de tenir ses lignes face à l’AFC/M23, n’a offert que désordre et défaites successives. Pourtant, loin de tirer la moindre leçon de ce naufrage, le régime persiste dans sa logique de fuite en avant, préférant la brutalité aveugle à la recherche d’une solution politique.

Depuis la reprise des hostilités, un constat s’impose avec la rigueur du fait : jamais le pouvoir de Kinshasa n’a respecté les cessez-le-feu, fût-ce sous l’injonction pressante des États-Unis. Bien au contraire, les FARDC et leurs alliés les FDLR se sont livrés à des offensives massives et répétées contre les Banyamulenge, citoyens congolais d’ethnie tutsi, désignés comme cible privilégiée d’une guerre qui se détourne de l’ennemi militaire pour frapper le civil.

Ainsi, les 26 et 27 août 2025, les collines verdoyantes du Sud-Kivu, de Kadasomwa à Minembwe, furent une nouvelle fois transformées en champs de désolation : villages incendiés, familles massacrées, populations jetées sur les routes dans un chaos d’errance et de panique.

Ce cycle macabre n’est pas le fruit du hasard mais l’expression d’une stratégie cyniquement préméditée. Comme l’a rappelé Freddy Kaniki, vice-président de l’AFC, le génocide à bas bruit des Banyamulenge a commencé en 2017 et s’intensifie inexorablement, marqué par l’incendie de 357 villages, le pillage de plus de 700 000 têtes de bétail, colonne vertébrale de cette communauté pastorale et l’exil forcé de milliers de familles.

Chaque attaque vise à déraciner, à effacer, à anéantir une mémoire collective liée à des terres ancestrales. Derrière les chiffres se dessine l’image tragique d’enfants privés d’éducation, de femmes contraintes à l’errance, d’anciens mourant loin des collines qui les ont vus naître.

Face à cette spirale de violence, la communauté internationale demeure étrangement muette. Les avertissements répétés d’Alice Wairimu Nderitu, conseillère spéciale des Nations unies pour la prévention du génocide, sont restés lettre morte. Plus grave encore, de nombreux rapports produits par des organisations de défense des droits humains s’acharnent à accuser l’AFC/M23 et l’armée rwandaise, souvent sans preuves tangibles, inversant ainsi la narration du conflit et occultant les exactions documentées des forces de Kinshasa et de leurs alliés. Cette manipulation discursive, en masquant les responsabilités premières, contribue à perpétuer les massacres.

Le 25 août dernier, depuis Gabiro, le président Kagame dénonçait à juste titre la visibilité flagrante des crimes commis par les Interahamwe reconstitués, les milices Wazalendo et leurs protecteurs au sein du gouvernement congolais, tout en s’étonnant du silence assourdissant qui les entoure.

Chaque nouvel assaut contre les civils, chaque convoi de réfugiés franchissant les frontières, rend plus illusoire la mise en œuvre des accords de Doha, désormais réduits à une façade diplomatique couvrant les exactions d’un pouvoir qui a choisi la haine comme instrument de gouvernance.

Ainsi, au lieu de se poser en bâtisseur de paix et d’unité, le régime Tshisekedi s’enlise dans une logique d’exclusion et de fragmentation nationale. En désignant les Tutsi comme ennemis de l’intérieur, il fracture le pays, nourrit l’instabilité chronique et compromet tout avenir de réconciliation. L’histoire jugera sévèrement cette dérive, qui, au lieu de conjurer les démons du passé, les réactive avec une irresponsabilité tragique. Et tandis que l’État abdique ses prérogatives au profit des milices, une question demeure, lancinante, dans les collines du Kivu : combien de temps encore le monde tolérera-t-il l’extermination progressive d’une communauté entière sous ses yeux ?

Félix Tshisekedi, incarnation jusqu’à la caricature d’un pouvoir enivré par ses propres certitudes, semble n’avoir rien appris de la débâcle de ses armées hétéroclites

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