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La lente agonie d’un rêve démocratique en RDC

Redigé par Tite Gatabazi
Le 29 août 2025 à 12:30

Le slogan « Le peuple d’abord », jadis cri de ralliement et flambeau d’espérance pour une multitude en quête de dignité et de justice, ne résonne plus aujourd’hui qu’en écho lointain et dissonant.

L’UDPS, qui porta si longtemps les aspirations d’un peuple meurtri, semble avoir trahi l’horizon qu’elle avait elle-même ouvert, glissant progressivement d’une vocation sacrificielle vers une gouvernance de façade, où les promesses cèdent la place aux apparences et où l’intérêt général se dilue dans les jouissances particulières. Ce basculement, plus qu’un simple accident de parcours, atteste d’une désorientation profonde, presque existentielle, qui ronge de l’intérieur ce parti jadis auréolé de légitimité morale.

De la ferveur militante à la désillusion collective

Il fut un temps où l’UDPS incarnait la voix des sans-voix, le rempart ultime contre l’arbitraire et la dictature. Or, l’exercice du pouvoir, loin de consolider cet héritage, l’a érodé. La période de grâce est bel et bien révolue : l’ivresse du triomphe a cédé à la gueule de bois d’une gestion approximative, minée par les querelles intestines, la distribution clientéliste des prébendes et l’absence d’une vision structurée.

Les reproches émanant de figures internes comme Nicolas Kazadi, dénonçant « la jouissance à la place du service », résonnent comme une condamnation implacable venant des rangs mêmes du parti. Lorsque les gardiens de la mémoire révolutionnaire se mettent à fustiger leurs propres compagnons, c’est que l’illusion s’est définitivement brisée.

L’effritement d’un leadership et l’exhibition des fractures

L’actuelle scène politique congolaise offre le triste spectacle de dirigeants de l’UDPS s’écharpant sur la place publique : Deogratias Bizibu et Augustin Kabuya, figures censées incarner la cohésion et la continuité, s’abandonnent à des règlements de comptes qui fragilisent davantage l’autorité du parti. Ce déballage, au lieu d’un débat idéologique fécond, traduit une indigence criante de leadership, d’analyse et de capacité à projeter l’avenir.

La maison UDPS, naguère sanctuaire de l’espérance démocratique, s’est muée en arène de rivalités mesquines, où les ambitions personnelles l’emportent sur l’intérêt collectif. L’image du parti s’en trouve durablement ternie, au point que l’on pourrait dire, non sans amertume, que c’est « adieu vaux, vaches et moutons ».

De l’idéal trahi à la nécessité d’une refondation

La descente aux enfers de l’UDPS illustre une tragédie politique classique : celle d’un mouvement né dans le sacrifice et la ferveur militante, mais qui, une fois parvenu aux rênes du pouvoir, s’est dilué dans les compromissions et la jouissance immédiate.

Cette trajectoire, au lieu d’honorer les luttes passées, les dénature et les renie. Elle pose une question de fond : le parti saura-t-il se ressaisir et retrouver la fibre originelle de son combat, ou bien est-il condamné à n’être qu’une force politique parmi d’autres, absorbée par les vices du pouvoir qu’il avait juré de combattre ?

La réponse à cette interrogation déterminera non seulement le destin de l’UDPS, mais aussi, en grande partie, celui d’un pays qui avait cru trouver en elle le héraut d’une démocratie véritable.

L’UDPS, autrefois porteuse des espoirs du peuple, semble avoir trahi sa mission, passant d’un engagement sacrificiel à une gouvernance de façade où les promesses laissent place aux intérêts privés

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