Urgent

Tshisekedi cerné par l’injonction de la fin de l’esquive

Redigé par Tite Gatabazi
Le 6 février 2026 à 06:55

Il a beau se dérober, multiplier les déplacements fébriles et élever la voix dans des proclamations de plus en plus incantatoires, le président Félix Tshisekedi apparaît désormais assiégé.

Assiégé non par une opposition intérieure qu’il a méthodiquement marginalisée, mais par un faisceau convergent de pressions diplomatiques venues de Bruxelles, de Paris et de Washington. Ce qui n’était hier encore qu’une recommandation feutrée est devenu, en l’espace de quelques semaines, une sommation sans équivoque : faire sa part.

Le message est désormais limpide. A Bruxelles d’abord, relayé au plus haut niveau lors des cénacles feutrés de Davos ; à Paris ensuite, dans les salons de l’Élysée, où la bienveillance de façade n’a pas masqué l’agacement croissant ; à Washington enfin, où le ton s’est durci jusqu’à frôler l’ultimatum politique.

Partout, la même exigence : l’ouverture d’un dialogue national crédible et surtout, une clarification immédiate et sans ambiguïté de sa posture à l’égard des FDLR et de certaines factions Wazalendo, désormais perçues par les partenaires occidentaux non plus comme de simples variables sécuritaires, mais comme un problème politique majeur engageant la crédibilité même de l’État congolais.

A Kinshasa, l’idée du dialogue a longtemps été brandie comme un slogan commode, une option parmi d’autres, instrumentalisée au gré des rapports de force et des calculs de circonstance.

Aujourd’hui, cette rhétorique d’ajournement ne tient plus. Le dialogue n’est plus une hypothèse tactique ; il est devenu une injonction diplomatique. Et cette mutation change radicalement la nature du rapport de forces.

En s’en éloignant par une succession de subterfuges, de dérivations discursives et de fuites en avant, le chef de l’État n’a fait que renforcer l’impression d’un pouvoir qui redoute la confrontation politique autant qu’il craint la lumière de la clarification.

L’heure du dialogue contraint : l’isolement comme horizon

L’heure a sonné, et les marges de manœuvre se sont dangereusement réduites, au point de ramener le président à une posture de corps défendant.

Les artifices de langage, les dénonciations complotistes et les proclamations martiales ne suffisent plus à masquer l’essentiel : tous les chemins mènent désormais vers le dialogue et ce dialogue, Félix Tshisekedi n’en a plus la maîtrise.

Car il ne s’agit pas seulement de s’asseoir autour d’une table. Il s’agit de répondre à une exigence de cohérence politique et morale : rompre clairement avec les alliances troubles, dissiper l’ambiguïté entretenue autour des FDLR, et assumer la responsabilité d’un État qui ne peut prétendre à la légitimité internationale tout en tolérant, voire en instrumentalisant, des forces dont l’histoire et les pratiques minent toute prétention à la stabilité et à la justice.

Le paradoxe est cruel. En refusant d’anticiper, en repoussant sans cesse l’échéance par des manœuvres dilatoires, le pouvoir s’est placé dans la position la plus défavorable qui soit : celle où le dialogue, autrefois brandi comme une concession généreuse, devient une obligation imposée de l’extérieur. Le temps de l’initiative s’est évaporé ; celui de la contrainte s’est ouvert.

Dans cette séquence décisive, le président congolais n’est plus l’architecte du processus politique, mais l’un de ses sujets. L’isolement diplomatique, longtemps nié, se précise comme un horizon tangible. Et c’est précisément là que se joue l’enjeu central : un dialogue arraché sous pression n’est jamais neutre. Il révèle, au grand jour, non la force d’un pouvoir sûr de lui, mais la fragilité d’un régime acculé, sommé de rendre des comptes là où il croyait pouvoir éternellement différer l’heure de vérité.

Le président congolais n’est plus l’architecte du processus politique, mais l’un de ses sujets, et son isolement diplomatique, longtemps nié, se dessine désormais comme un horizon tangible

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