Urgent

L’avertissement international comme rappel à l’obligation régalienne

Redigé par Tite Gatabazi
Le 6 février 2026 à 11:13

Lorsque le président du Comité des relations internationales du Sénat américain, le sénateur Jim Risch, enjoint solennellement le Président Tshisekedi à prendre des mesures décisives contre les FDLR et les milices violentes Wazalendo, il ne formule ni une opinion marginale ni une ingérence gratuite.

Il rappelle, avec la gravité qu’impose la situation, un principe élémentaire du droit et de la pratique étatiques : la responsabilité première d’un État consiste à assurer la sécurité de l’ensemble de ses citoyens et à neutraliser les forces armées qui menacent la cohésion nationale et la paix civile.

Cette exhortation, claire dans sa formulation et dépourvue d’ambiguïté, s’inscrit dans une longue série d’alertes émises par des partenaires internationaux préoccupés par la persistance de groupes armés dont les exactions minent durablement les communautés locales et compromettent toute perspective de stabilité à long terme.

Loin d’être une simple recommandation diplomatique, cette mise en garde constitue un rappel ferme à l’ordre régalien. Elle souligne que la paix ne saurait être proclamée par des discours incantatoires ni décrétée par des artifices politiques, mais qu’elle se construit par des actes concrets, courageux et cohérents.

Tant que des milices idéologiquement ou ethniquement marquées continueront d’opérer avec une relative impunité, toute ambition de stabilisation demeurera illusoire. Le propos du sénateur Risch, en ce sens, ne fait que traduire une évidence stratégique et morale que nul chef d’État ne saurait ignorer sans engager lourdement sa responsabilité.

L’incompréhension persistante du pouvoir et l’usure de la parole répétée

Et pourtant, la question demeure, lancinante et presque tragique : combien de fois faudra-t-il le dire, le redire et le répéter pour que ce message soit enfin entendu, compris et surtout intégré dans les décisions et les actes du chef de l’État congolais ?

Dans quelle langue faudra-t-il l’exprimer, sous quelle forme faudra-t-il le décliner, pour qu’il cesse d’être perçu comme une admonestation extérieure et devienne un impératif intérieur guidant l’action publique ?

Cette interrogation, loin d’être rhétorique, révèle une fracture profonde entre la parole internationale et la pratique du pouvoir à Kinshasa.

L’usure de la répétition finit par vider le message de sa portée, non parce qu’il serait infondé, mais parce qu’il se heurte à une surdité politique préoccupante. Ignorer de tels avertissements, ou les reléguer au rang de pressions passagères, revient à persévérer dans une logique de déni aux conséquences potentiellement désastreuses.

Le chef de l’État, en sa qualité de garant de l’unité nationale et de la sécurité collective, ne peut se soustraire indéfiniment à cette exigence sans fragiliser davantage la légitimité de son action et exposer le pays à une spirale de violences incontrôlées.

Ainsi, l’injonction du Sénateur, aussi clairement formulée soit-elle, semble se dissoudre dans l’indécision et l’inaction. Ce décalage entre la parole entendue et l’acte posé pose une question fondamentale de gouvernance et de responsabilité.

Car, en définitive, ce ne sont ni les sénateurs étrangers ni les partenaires internationaux qui porteront le poids de l’histoire, mais bien ceux qui, investis du pouvoir suprême, auront choisi de ne pas écouter, de ne pas comprendre ou de ne pas agir.

Le sénateur Jim Risch a rappelé au président Tshisekedi que la priorité d’un État est d’assurer la sécurité de ses citoyens et de neutraliser les forces armées qui menacent la paix et la cohésion nationale

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