Urgent

Le moment de bascule ou lorsque l’histoire somme les consciences de choisir

Redigé par Tite Gatabazi
Le 6 février 2026 à 12:01

« C’est le moment de se demander ce à quoi on tient » : cette formule, d’apparence simple, recèle une gravité singulière lorsqu’elle s’inscrit dans ces instants rares où l’histoire s’accélère et impose aux sociétés une clarification morale.

Nous vivons l’un de ces moments de bascule, fragiles et décisifs, où les équilibres anciens se fissurent, où les certitudes héritées vacillent, et où l’indifférence cesse d’être une option. Ces instants ne se signalent pas toujours par le fracas immédiat des événements, mais par une transformation plus profonde, presque souterraine, des rapports au pouvoir, à la sécurité et à la légitimité.

Dans de telles conjonctures, il ne s’agit plus seulement d’observer ou de commenter, mais de regarder la réalité en face, sans faux-semblants ni œillères idéologiques. Se demander ce à quoi l’on tient, c’est interroger les fondements mêmes de l’ordre politique : la protection des populations, la dignité humaine, la primauté de la paix sur la perpétuation du chaos.

C’est reconnaître que l’histoire ne se contente pas de passer devant nous, mais qu’elle nous convoque, nous oblige à prendre position, à assumer des choix dont les conséquences dépasseront largement le présent immédiat.

L’Est de la RDC : renversement des dynamiques et émergence d’un nouvel ordre sécuritaire

C’est précisément dans ce contexte que l’Est de la République démocratique du Congo apparaît comme un laboratoire tragique et révélateur de ce moment historique. Sous l’autorité de fait de l’AFC/M23, la région connaît un bouleversement profond des dynamiques qui, jusqu’alors, structuraient ou plutôt désagrégeaient l’État.

Là où prévalait une insécurité chronique, devenue presque constitutive du paysage politique et social, s’opère un retournement inattendu d’une situation longtemps figée dans la violence, l’arbitraire et l’abandon.

Ce basculement ne relève pas d’un simple ajustement circonstanciel : il marque une rupture avec un ordre ancien fondé sur l’instabilité permanente.

Sortir de l’insécurité chronique pour entrer dans une phase de paix relative, de sécurité et de stabilisation constitue un changement de paradigme majeur.

Il révèle, par contraste, les carences structurelles d’un État qui a failli à sa mission première, tout en posant une question dérangeante mais incontournable : celle de la légitimité réelle, mesurée non par les proclamations juridiques, mais par la capacité effective à protéger les populations et à restaurer un minimum d’ordre et de prévisibilité.

Ce renversement des rôles, aussi inconfortable soit-il pour les grilles de lecture traditionnelles, oblige à repenser les catégories figées de l’analyse politique.

Ainsi, le moment que traverse l’Est de la RDC n’est pas seulement un épisode local ; il s’inscrit dans cette séquence plus large où l’histoire accélère et exige des choix clairs. Il nous contraint à nous demander, avec lucidité et courage, ce à quoi nous tenons réellement : à la perpétuation de dogmes stériles ou à la réalité tangible de la paix et de la sécurité pour des populations longtemps sacrifiées.

Dans ce moment de bascule, refuser de voir, refuser de nommer, ce serait déjà choisir, mais choisir le déni plutôt que la responsabilité.

L’est de la RDC apparaît comme un laboratoire tragique de moment historique. Sous l’autorité de fait de l’AFC/M23, la région connaît un bouleversement majeur des dynamiques

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