Obasanjo préconise une approche axée sur les causes profondes du conflit en RDC

Redigé par IGIHE
Le 4 février 2026 à 04:55

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a exhorté les dirigeants africains à s’attaquer aux causes profondes du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), estimant qu’une paix durable restera hors de portée tant que les problèmes sous-jacents ne seront pas correctement diagnostiqués et traités.

Obasanjo s’exprimait lors d’une réunion de haut niveau du Panel des facilitateurs de l’Union africaine–Communauté d’Afrique de l’Est–Communauté de développement de l’Afrique australe (UA–EAC–SADC) sur le processus de paix dans l’est de la RDC. La rencontre s’est tenue mercredi à State House, à Entebbe, sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni.

« Le problème est celui de la gestion ou de la mauvaise gestion de la diversité au sein de la RDC, ainsi que de la relation de la RDC avec ses voisins », a indiqué Obasanjo, soulignant que les mêmes défis fondamentaux qui avaient conduit au déploiement de forces de maintien de la paix de l’ONU en 1960 persistent encore aujourd’hui.

Il a relevé que, bien que de nombreux acteurs prétendent comprendre la crise, la diversité des diagnostics a ralenti les efforts visant à y mettre fin. « Lorsqu’on diagnostique correctement une maladie, elle est à moitié guérie », a-t-il affirmé, ajoutant que la paix ne pourra être atteinte que si toutes les parties prenantes s’accordent sur la nature du problème et appliquent les solutions appropriées.

Obasanjo a insisté sur le fait que l’Union africaine doit rester au centre du processus de paix, même si des partenaires internationaux tels que les États-Unis, le Qatar et la France manifestent leur volonté de soutenir la stabilité dans la région.

Il a toutefois averti que des solutions imposées de l’extérieur risquent de ne pas tenir compte des réalités locales. « Une solution importée de l’extérieur de l’Afrique peut ne pas traiter correctement la situation à laquelle nous sommes confrontés », a-t-il déclaré, soulignant que le conflit implique de nombreux groupes armés au-delà du M23 et reflète des griefs anciens et non résolus.

Dans son intervention, le président Museveni a, quant à lui, confié que le conflit dans l’est de la RDC est bien connu dans la région et qu’il n’aurait pas dû mettre des décennies à être résolu.

Il a rappelé que l’Ouganda accueille des centaines de milliers de réfugiés congolais, sur un total estimé à deux millions de réfugiés vivant dans le pays. « Nous connaissons très bien le problème », a affirmé Museveni, évoquant les forts liens ethniques et culturels entre les communautés de part et d’autre des frontières, notamment en Ouganda, au Soudan du Sud et en RDC. « C’est vraiment une honte que cela prenne autant de temps alors que c’est facile à résoudre », a-t-il ajouté.

Le président ougandais a expliqué que, bien que le Congo ait déjà été confronté à des mouvements sécessionnistes, la crise actuelle est avant tout alimentée par des revendications politiques et sociales, et non par une volonté de démembrement du pays. Selon lui, cette situation offre une opportunité aux autorités de Kinshasa de répondre à des plaintes anciennes et de rétablir la stabilité.

De son côté, Olusegun Obasanjo a jugé que Yoweri Museveni disposait d’une position favorable pour appuyer les initiatives de paix, compte tenu de son engagement de longue date dans les dynamiques régionales et du large consensus observé autour de son rôle parmi les parties consultées, notamment des responsables du Rwanda et du Burundi, ainsi que des représentants du M23.

Étaient également présents à la réunion Faure Gnassingbé, président du Conseil des ministres du Togo et médiateur principal de l’Union africaine pour le processus de paix dans l’est de la RDC.

Olusegun Obasanjo fait partie d’un panel d’experts nommé par l’UA, qui comprend l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, l’ancien président du Botswana Mokgweetsi Masisi et l’ancienne présidente de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza.

Ce panel a été mis en place en mars 2025, à la suite de la fusion des processus de paix de Nairobi et de Luanda au sein d’un cadre unifié visant à harmoniser les efforts régionaux et continentaux pour résoudre la crise.

Son mandat inclut l’orientation des négociations entre le gouvernement congolais et les groupes armés, dont le M23, ainsi que la supervision de la mise en œuvre des mesures convenues, telles que la neutralisation de la milice FDLR.

Selon les analystes, les causes profondes du conflit comprennent des griefs ethniques historiques, des accords politiques défaillants et une discrimination persistante à l’encontre de certaines communautés, en particulier les Congolais kinyarwandophones, dont la citoyenneté est souvent remise en question.

Le mouvement AFC/M23 affirme lutter pour défendre les droits de ces groupes marginalisés.

En conclusion, Obasanjo a indiqué que les responsables africains engagés dans la démarche avaient convenu d’assumer pleinement la responsabilité d’une issue durable, réaffirmant leur détermination à « trouver une solution africaine à un problème africain ».

Obasanjo a exhorté les dirigeants africains à s’attaquer aux causes profondes du conflit dans l’est de la RDC pour parvenir à une paix durable

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