Affaire Neretse : Le génocide est un long processus, parties civiles

Redigé par Pax Press&Bwiza.com
Le 11 novembre 2019 à 07:51

Selon Eric Gillet, l’un des sept avocats des parties civiles dans le procès Neretse en Belgique, Le génocide est un long processus. Il a un avant, un pendant, un après, et un bien après.

Dans la déclaration préliminaire des parties civiles, présentée jeudi 7 novembre 2019 au Tribunal de Bruxelles, le rappel est que le génocide perpetre contre les Tutsis au Rwanda en 1994 n’est pas un événement encadré par deux dates : 7 avril – 4 juillet. Selon ces avocats, c’est un processus, avec un avant, un pendant, un après, et un bien après.

C’est l’aboutissement d’une longue histoire, et le début d’une autre ; soigneusement planifié. C’est une propagande élaborée de longue date par certaines élites intellectuelles du pays, et sans cesse perfectionnée, a permis de conditionner une partie de la population à tuer.
De Bruxelles, Jean Baptiste Karegeya

Les piliers du génocide : l’Etat, la milice et les milieux d’affaires
Tous les génocides sont des crimes d’Etat. L’Etat rwandais lui-même, avec son administration, son armée et sa gendarmerie ; est le premier pilier du génocide des tutsis ;

La milice Interahamwe, fut créée par le parti politique MRND comme la jeunesse de ce parti. Puis, elle fut chargée de ses basses œuvres. Spécialement, de créer, par ses exactions, un climat de terreur dans le pays, tout au long des années 1992 et 1993, jusque 1994. Elle sera entraînée au maniement des armes dans les camps militaires ; Elle finit, pendant le génocide lui-même, par constituer le prolongement des forces armées rwandaises sur chaque colline, dans chaque quartier ; elles agiront en parfaite coordination avec l’armée ; ce sont elles qui organiseront les barrières omniprésentes sur toutes les routes et sur tous les chemins et sentiers du Rwanda, rendant toute circulation impossible pour les Tutsis, qui y étaient arrêtés, torturés, violés, puis atrocement massacrés ; ce sont elles qui poursuivront chaque fuyard dans les forêts, dans les marais ; ce sont elles qui massacreront dans les églises les Tutsis qui croiront y avoir trouvé refuge ; et qui appelleront l’armée lorsque les fugitifs opposeront une trop forte résistance.

Il y a aussi les milieux d’affaires, les notables, les chefs d’entreprises et les commerçants, qui ont créé des milices, et ont fourni aux tueurs les moyens financiers et matériels : des camionnettes pour se déplacer ; de la bière pour se saouler au retour des massacres…

Selon ce qui figure dans l’acte d’accusation et dans le dossier d’instruction, Fabien Neretse (l’accusé ) a été, un fervent créateur et animateur de milices Interahamwe, à Mataba son village d’origine et à Kigali, où il résidait dans les premiers jours du génocide, lorsque les familles Beckers, Sisi, Gakwaya et leurs hôtes ont été assassinées en face de chez lui.


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