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France : la désintégration des partis politiques

Redigé par Tite GATABAZI
Le 14 mars 2022 à 10:59

Les élections présidentielles en France sont souvent l’occasion de chambardements dans les partis politiques et des repositionnements de plusieurs leaders politiques.

2022 en fait une nouvelle démonstration.

De l’organisation chaotique de la primaire à droite à la désignation tardive de la candidature de Christiane Taubira à gauche, dans les formations politiques, les drames se suivent et ne se ressemblent pas.

La presse a révélé les fraudes et des irrégularités lors de la désignation de Valérie Pecresse comme candidate du parti Les Républicains.

Ce qui n’a pas manqué de rappeler le traumatisme de la guerre fratricide entre Copé et Fillon en 2012 pour prendre la présidence de la défunte Union pour une Majorité Populaire « UMP ».

L’occasion pour les frondeurs du parti de fustiger ouvertement une campagne tiède, des couacs à répétition.

Et bien évidemment des petites phrases assassines distillées auprès des journalistes. Sans compter les ralliements à Macron.

Et des désaccords jusque dans l’équipe de campagne, avec des critiques acérées. Il faut dire que sa campagne rencontre des bourrasques et des tempêtes. Et Pecresse est vraiment à la peine.

Pire, à un mois de l’élection, elle piaffe d’impatience en attendant une déclaration de soutien publique de Sarkozy, qui fait craindre plutôt un ralliement de ce dernier à Macron.

Il faut dire que beaucoup de « Sarkozystes » ont déjà rejoint le camp Macron tandis que d’autres lorgnent sur l’extrême droite. Le vice-président Guillaume Peletier ayant ouvert le bal.

Ce qui plombe sérieusement la campagne de la candidate.

Ceci ne fait que raviver les clivages, les divisions et les tensions qui existent depuis belle lurette à droite. Loin d’être nouvelle, elle atteste encore une fois de son actualité.

La droite est traversée par des clivages idéologiques majeurs. Et les guerres intestines successives les ont remis au goût du jour.

A gauche, ce n’est guère mieux.

Anne Hidalgo a été lâchée très tôt par les caciques du parti socialiste. Au plus mal financièrement, le parti semble incapable de couvrir les frais de campagne. Et certains pressent même la candidate d’abandonner. Ambiance !

Mais les divisions sont légion à gauche et refont surface à chaque échéance électorale.

Impossible de souder les troupes et de démontrer une dynamique. Les signaux sont négatifs et polluent la campagne. Des défections et des déclarations au lance-flamme dézinguent la candidate et tout ce qui en reste.

Il y a de quoi entamer le moral d’acier !

Il y a comme une compétition à se poser des peaux de bananes, aux ralliements et défections. Le parti socialiste et ses alliés naturels battent le triste record de désunion. Incapables de sortir une candidature unique de la « gauche ».

L’union de la gauche et la gauche plurielle doivent appartenir à l’histoire.

En réalité, la gauche est très fragmentée et elle a alignée jusqu’à sept candidats déclarés. Et les sondages les donnent tous perdants au premier tour. Ce qui exaspère encore plus les électeurs de gauche.

Il y a l’épisode de la tentative infructueuse de l’initiative citoyenne qui a organisée une primaire populaire et porter la candidature de la charismatique Christiane Taubira.

La radicalité de certains n’aura pas permis de rassembler.

Elle a fini par jeter l’éponge faute de parrainages, refusant par la même occasion, l’éparpillement de la gauche. Trop tard.

La gauche a apporté la preuve supplémentaire de son incapacité à l’union et d’évoluer avec son temps pour élaborer un projet de société capable de mobiliser « le peuple de gauche ».

Avec une politique menée sur fond d’émiettements, des oppositions d’egos et donc factices et loin de tout compromis.

Des atermoiements de l’ancien président Hollande au soutien de Ségolène Royal à Mélenchon et les ralliements des caciques du parti à Macron.

Anne Hidalgo porte le drapeau d’un parti délité, exsangue à la rose fanée. Des soutiens de façade et sa persévérance ne suffiront pas.

Pour mémoire, la fin du communisme, la désindustrialisation et son impact sur les pertes d’emploi, l’austérité depuis la crise de 2008 ont démobilisé la classe populaire traditionnellement électrice de gauche.

Et les peurs attisées par l’extrême droite sur l’identité et l’immigration ont installé dans l’opinion inquiétude et doute. Plus grave, ils ont poussé la gauche dans une impasse et bouché son horizon.

Les causes de l’échec de la gauche française remontent à très loin. De l’épreuve de l’exercice du pouvoir à la montée des populismes. Et ce manque d’un travail intellectuel et pragmatique sur les effets de la mondialisation l’ont rendu inaudible avec le temps.

Le mal est politique et idéologique. La veille maison socialiste est en ruine !
L’élimination de Jospin au premier tour de l’élection présidentielle d’avril 2002 et l’échec du referendum européen de 2005 ont fissuré profondément la gauche française.

A chaque fois, elle s’est refusé à tirer les leçons, préférant mettre le couvercle sur la marmite.

Rappelons qu’en Europe, on a vu passer le train de la mondialisation. D’où le délitement des structures sociales.

Signe supplémentaire d’une société qui perd ses repères traditionnels.

Quant à l’extrême droite, il est « sens dessus dessous ». Les trahisons, les défections et querelles familiales chez les « Le Pen » rythment la campagne.

Marine Le Pen dont c’est la troisième candidature et le parti qu’elle a hérité de son père connaissent des périodes compliquées, plombés par des départs des cadres.
Elle et Zemmour sont à couteaux tirés et le désordre est palpable. Le ralliement de Marion Maréchal Le Pen à Zemmour n’est pas pour arranger les choses. Il ajoute la division à la confusion.

Zemmour chez qui « islam et islamisme c’est du pareil au même » et la théorie raciste du « grand remplacement ».

Le Pen cherche à grappiller des voix comme elle peut, alors elle pose avec une femme voilée. Renforçant ainsi l’ambiguïté qu’elle entretient à ce sujet.

Ses adversaires parlent de « flemme idéologique ».

Les élections vont se dérouler dans un climat d’effondrement des partis politiques et du décrochage des électeurs. Leur avenir s’inscrit en pointillés.

Il faudra surveiller le taux d’abstention.

Les électeurs se lassent de voir une gauche et la droite alterner au pouvoir et rester calés sur des dogmes idéologiques caducs. Ce qui forge, à n’en pas douter, l’échec des partis politiques à mobiliser.

Un fossé grandissant s’est creusé entre l’électorat et « les partis traditionnels ».

Nous assistons à une recomposition de la scène politique française sur fond de crises multiples.

Il est vrai que depuis 2017, la France connait une désintégration des partis politiques et un chambardement de l’échiquier politique. Mais ils restent inachevés.

La guerre en Ukraine qui bouscule les agendas des candidats va éclipser cette campagne inaudible.

Les divisions de la gauche lui feront rater le train du deuxième tour et la droite en perte de vitesse restera à la traine.

Et Macron a un boulevard pour rempiler.

Même si son premier mandat a été marqué par les différentes crises : les gilets jaunes, la covid 19.

A l’international, il y a la lutte contre le terrorisme au Sahel et la guerre en Ukraine.

La menace d’un embrasement en Europe doublée d’un effondrement de l’économie entraine mécaniquement un regroupement autour de la figure du Président Macron.

Lui, le chef suprême des armées, qui incarne la nation en temps de crise grave. Et sa côte de popularité culmine et il creuse l’écart avec ses concurrents .

Chez beaucoup de française, Macron est le seul à pouvoir faire face à la menace qui est aux portes de l’Europe.

La guerre en Ukraine est un sujet préoccupant pour tout le monde. Elle alimente toutes les conversations.

Un élément supplémentaire et non de moindre, qui conforte la réélection de Macron pour les élections présidentielles.

Qu’à cela ne tienne, son horizon pour 2022 est dégagé.

Il a cet avantage de projeter la France en 2030 voire 2050, bien au-delà de son prochain mandat.


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