Cette collaboration, pour qui accepte d’examiner la réalité sans œillères idéologiques, s’impose comme une nécessité opérationnelle dictée par la géographie, l’histoire des conflits et les impératifs sécuritaires régionaux.
Les transferts de combattants FDLR arrêtés puis renvoyés vers le Rwanda, le rapatriement progressif des réfugiés congolais disséminés dans les pays voisins et au-delà, la circulation vers des points névralgiques comme Goma ou Bunagana, ou encore la gestion quotidienne de frontières parmi les plus poreuses et les plus sensibles du continent, ne sauraient s’opérer dans le vide.
Ils exigent, par définition, des mécanismes de coordination, des échanges d’informations et une coopération minimale entre administrations et forces concernées.
Refuser de nommer cette réalité, ou feindre de la découvrir avec indignation, procède d’une posture intellectuelle malhonnête. Dans un espace régional aussi imbriqué que celui des Grands Lacs, la collaboration transfrontalière n’est pas un choix idéologique mais une contrainte structurelle.
Elle permet de contenir des menaces persistantes, de réguler des flux humains considérables et de prévenir un chaos autrement plus meurtrier. Confondre cette collaboration fonctionnelle avec un alignement politique ou un soutien inconditionnel relève soit d’une ignorance crasse des dynamiques régionales, soit d’une manipulation délibérée destinée à entretenir la peur et la stigmatisation.
La sémantique de la mauvaise foi et l’épuisement du débat
C’est précisément cette confusion que Corneille Nangaa s’efforce de dissiper lorsqu’il rappelle, non sans lassitude, que collaborer ne signifie pas soutenir. La nuance est pourtant limpide pour quiconque consent à un minimum de rigueur intellectuelle : on peut coopérer sans se subordonner, coordonner sans se soumettre, dialoguer sans abdiquer.
Mais dans un débat public saturé de slogans et d’anathèmes, cette distinction élémentaire est systématiquement piétinée, sacrifiée sur l’autel d’un discours simplificateur où toute interaction devient trahison et toute pragmatique, complot.
Face à cette dérive, l’agacement n’est pas seulement compréhensible, il est légitime. Car la persistance de lectures aussi grossières trahit moins une divergence d’analyse qu’un refus obstiné de comprendre.
A force de réduire des réalités complexes à des caricatures commodes, le débat s’appauvrit et la réflexion collective s’asphyxie. Tant pis, dira-t-on, si certains persistent à confondre coopération et allégeance ; l’histoire, elle, se montre rarement indulgente envers ceux qui préfèrent l’invective à l’intelligence des faits.














AJOUTER UN COMMENTAIRE
REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!