Les accords intervenus dans le cadre de Montreux semblaient, à première vue, esquisser les linéaments d’un apaisement, voire d’une désescalade progressive d’un conflit dont les populations civiles paient, depuis trop longtemps, le prix le plus lourd.
Parmi les engagements pris figuraient des mesures aussi élémentaires qu’indispensables : la libération de prisonniers dans un délai de dix jours, la facilitation de l’accès de l’aide humanitaire aux zones sinistrées, ainsi que la planification des premières missions de vérification du cessez-le-feu.
Ces dispositions, loin d’être accessoires, constituaient le socle minimal d’une restauration de la confiance entre les parties belligérantes. Elles engageaient, en creux, la crédibilité même des signataires et la sincérité de leur volonté de mettre un terme aux hostilités.
On aurait pu croire, à la faveur de cette séquence, à un sursaut de responsabilité politique, à une inflexion, même timide, vers le respect de la parole donnée et des obligations internationales les plus élémentaires.
Or, en ce 28 avril 2026, le constat s’impose avec une rigueur implacable : rien ne bouge. Les engagements demeurent lettre morte, suspendus dans un entre-deux diplomatique qui confine à la mystification. L’absence de libérations effectives ainsi que l’inertie entourant les mécanismes de vérification du cessez-le-feu traduisent une défaillance manifeste, sinon délibérée, dans l’exécution des obligations souscrites.
La parole publique à l’épreuve de la duplicité stratégique
Ce statu quo, loin d’être fortuit, semble relever d’une logique politique plus profonde, où la parole publique est instrumentalisée au gré des calculs conjoncturels. La posture adoptée par les autorités congolaises, et en particulier par le président Félix Tshisekedi, apparaît entachée d’une mauvaise foi caractérisée, dont les manifestations répétées fragilisent davantage un processus déjà précaire.
Derrière l’inaction observée se dessine une stratégie de temporisation, où le non-respect des engagements devient un levier tactique. En différant l’application des mesures convenues, le pouvoir semble chercher à préserver des marges de manœuvre militaires et politiques, tout en donnant l’illusion d’une adhésion au processus de paix.
Cette duplicité, qui consiste à souscrire formellement à des obligations pour mieux en différer l’exécution, s’inscrit dans une logique de prolongation du conflit à des fins internes.
En effet, la persistance de l’instabilité à l’Est du pays offre un terrain propice à des recompositions politiques dont les enjeux dépassent le seul cadre sécuritaire. Le spectre d’un « glissement » institutionnel, maintes fois évoqué, trouve dans ce contexte un terreau favorable : la guerre devient alors, non plus un drame à résoudre, mais un instrument à exploiter.
Ainsi, loin d’incarner une rupture, Montreux apparaît rétrospectivement comme un épisode supplémentaire dans une séquence où les engagements solennels sont systématiquement vidés de leur substance. « Avant Montreux égal après Montreux » : la formule, lapidaire, résume avec acuité l’impasse actuelle. Elle dit l’érosion de la confiance, l’épuisement des mécanismes diplomatiques et plus gravement encore, la banalisation du non-respect de la parole donnée.
Dans un tel contexte, la question n’est plus seulement celle de la sincérité des engagements, mais celle de la capacité même des acteurs à se soumettre à l’exigence minimale de cohérence entre leurs déclarations et leurs actes.
Car sans cette cohérence, aucune paix durable ne saurait être envisagée seulement la répétition, indéfiniment reconduite, des mêmes promesses trahies.














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