Ses prises de parole récentes, de plus en plus erratiques, trahissent moins une analyse stratégique qu’une fuite en avant verbale, symptomatique d’un leadership en perte de repères.
C’est dans ce contexte qu’il s’interroge publiquement, avec une ironie mal contenue, sur la capacité de pays parmi les plus démunis de la planète en l’occurrence le Burundi et le Soudan du Sud à venir au secours du « grand Congo ».
Cette interrogation, formulée sur un ton de dérision, relève moins de la lucidité géopolitique que d’une tentative désespérée de détourner l’attention des échecs successifs des milices dont il se réclame et qui ont longtemps constitué son principal fonds de commerce politique. Or, à mesure que ces groupes reculent sur le terrain et perdent en crédibilité, leur utilité symbolique se dissout, laissant leurs parrains politiques face au vide.
L’acharnement verbal de Justin Bitakwira s’explique ainsi par une mécanique bien connue : lorsque la réalité contredit le discours, le discours se radicalise, s’emballe, et finit par perdre toute cohérence. Les sorties hasardeuses se multiplient alors, non pour éclairer le débat public, mais pour masquer l’érosion inexorable d’une posture construite sur la conflictualité permanente.
Alliances militaires, réalités du terrain et faillite morale du silence
S’agissant du Soudan du Sud, force est de reconnaître que son implication effective dans la crise congolaise demeure marginale et mal documentée. L’armée rwandaise y est certes déployée sous mandat des Nations unies, dans un cadre multilatéral clairement défini, ce qui rend toute assimilation simpliste à une entreprise de “sauvetage” du Congo juridiquement et politiquement infondée.
En revanche, la situation des forces burundaises engagées aux côtés de Kinshasa appelle un constat plus sombre. Les pertes subies, l’usure opérationnelle et les humiliations répétées infligées tant à certaines unités régulières qu’aux milices affiliées, notamment l’Imbonerakure, dessinent le tableau d’un engagement coûteux, souvent mal reconnu et politiquement ingrat.
A cette réalité déjà lourde s’ajoute un silence assourdissant des autorités congolaises, incapables ou peu enclines à rendre un hommage minimal aux sacrifices consentis par ces alliés.
Plus grave encore, l’abandon de prisonniers de guerre à leur sort, sans effort visible de rapatriement ou de prise en charge diplomatique, révèle une défaillance morale et politique qui dépasse le simple cadre militaire. Cette indifférence, perçue comme une négation de la dignité des combattants engagés, nourrit un ressentiment profond et met en lumière la fragilité des alliances bâties sur l’opportunisme plutôt que sur une vision stratégique partagée.
Dans ce contexte, les diatribes de Justin Bitakwira apparaissent pour ce qu’elles sont : non pas une critique fondée des rapports de force régionaux, mais le symptôme d’un effondrement discursif, provoqué par la disparition progressive des leviers militaires et symboliques qui soutenaient son influence.
Lorsque le réel se fait implacable, il ne reste plus que la parole excessive, ultime refuge de ceux dont le pouvoir se délite.














AJOUTER UN COMMENTAIRE
REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!