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D’une époque à l’autre

Redigé par Tite GATABAZI
Le 11 février 2022 à 11:16

De la Rome antique à la conquête de l’espace en passant par les autoroutes de l’information, le monde a souvent connu des changements d’époques.

De la Rome antique à la conquête de l’espace en passant par les autoroutes de l’information, le monde a souvent connu des changements d’époques.

Depuis quelques années, les analystes soulignent le fait que le monde traverse des séquences de turbulence et de transformations majeures.

Il est question de changement de paradigme, de la vision du monde sinon de civilisation.

Les conséquences néfastes de diverses crises, la répartition inéquitable de la richesse ainsi que le modèle économique dopé à la boulimie de la consommation.

La perte des repères, la pollution atmosphérique, les perturbations climatiques et le terrorisme mettent l’accent sur cette réalité que l’être humain ne peut aucunement se dissocier de son milieu de vie.

Nous vivons un changement d’époque.

Le questionnement sur les aspects de l’époque et la teneur de sa conscience parcourent les expériences ordinaires et les actions du quotidien.

Ceci ressort de la façon de décrire et de caractériser le temps et les références usuelles.

En somme, une époque se situe à la croisée des chemins passés, présents et futurs et prend forme à l’interface des caractérisations.

Cette diversité des expériences et des nouveautés qu’elle exprime aux embranchements des considérations et pratiques ordinaires des habitudes et des différences.

En quoi on se rend compte de l’existence d’éléments assez solides pour indiquer un espace-temps comme cohérent et par voie de conséquence d’interroger sa spécificité préalablement à sa désignation.

Cette époque pensée renvoie systématiquement, en miroir, à une autre réajustée ou enrichie.

Désigner une époque consiste à s’appuyer sur le présent pour induire des formes de temporalité.

Sont les acteurs du moment qui apportent les réponses, conscientes ou non, au sens à donner au temps dans lequel ils vivent.

C’est lorsque la conscience historique des traits associés à une époque est suffisamment partagée qu’on évoque une appartenance commune.

Dans son discours du 10 décembre 1957 à Stockholm à la fin du banquet qui clôturait la cérémonie de l’attribution des prix Nobel, Albert Camus déclarait que :« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse.

Héritière d’une histoire corrompue ou se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies extenuées, ou de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, ou l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire le servant de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer à partir de ses seules négations une part de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir ».

Au Rwanda, force est de constater que la période 1990-1994 n’est pas qu’une époque, mais une construction politique, sociale, sécuritaire, économique, diplomatique et culturelle qui organisa le présent et le futur.

En effet, une génération entière, la nôtre, au quatre coin du monde, l’a habité, s’identifia et se l’appropria.

Elle a fait jaillir des caractéristiques qui rappelaient un ancrage historique commun. Le catalyseur.

C’est fut une expérience historique, féconde, créatrice, émancipatrice ; celle de la guerre de libération qui réhabilita le Rwandais dans sa dignité !

En foi de quoi, sa remise en cause intellectuelle apparait bien difficile à entreprendre.

Oui, force est de constater qu’une fois établies, certaines époques sont bien difficiles à remettre en cause.

C’est un héritage de la bravoure que nous lèguerons à la postérité avec fierté.
Une époque d’un passé récent que nous évoquons déjà entre nous avec un brin de nostalgie.

Cette expérience vécue et relatée à loisir. Avec ses lots de ruptures, des comparaisons et cette prégnance dans les raisonnements et les pratiques.
C’est ainsi que se fabrique l’histoire. Une succes

Chaque époque se prolonge dans la suivante et il ne saurait en être autrement par ailleurs dans la mesure où d’innombrables vies humaines chevauchent chaque ligne de démarcation.

Le langage courant change, la perception du temps. Les imaginaires se structurent ainsi par les bornes temporelles que les ainés ont pris soin de délimiter, de caractériser et de nommer.

Des découpages qui façonnent une époque, une conception de l’histoire et des faits sociaux ainsi que le rapport au temps.

L’évènement ou les événements jouent un rôle déterminant pour justifier, expliquer ou comprendre le passage d’une époque à une autre.

Ces points de bascule qui sont les signes avant-coureurs d’une rupture radicale.

Ce qui fournit des leviers pour interroger les phénomènes qui séquencent, structurent et orientent nos vies dans les époques.

Manifestement, nous vivons un changement d’époque. On le voit à certains événements jugés impensables hier.


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