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On tombe, on se relève

Redigé par Tite Gatabazi
Le 27 avril 2022 à 11:52

De la bouche de mes amis camerounais, cette expression me faisait rire. « On tombe, on se relève ». Et avec l’accent, il y avait du charme.

Depuis, j’ai compris que c’était « rebondir » après une chute ou ce qu’on appelle un accident de la vie (perte d’emploi, séparation, maladie, deuil…).

Mieux, avec le temps, j’ai appris qu’après un traumatisme lié aux vicissitudes de l’existence, rebondir, s’en sortir au mieux, se relever avaient un lien avec la résilience.

Déjà aux Etats Unis, après la guerre du Viêt Nam, les psychologues ont remarqué que certains militaires revenaient cabossés, dans un état de sidération.

De ce qu’ils avaient fait, ce qu’ils avaient vu, bref ce qu’ils avaient vécu sur le champ de bataille. Car la guerre n’est pas une promenade de santé.

Ils réagissent différemment à la gestion du traumatisme post conflit. Les interrogations jaillirent alors pour analyser l’environnement familial, les croyances subjectives, les compétences psychologiques pour absorber les difficultés.

Les capacités personnelles de « résilience ». Cette capacité cognitive qui permet de s’adapter avec plus ou moins de succès aux différents changements.

Pour y faire face, on peut compter sur les valeurs morales et éthiques élevées, avoir des objectifs clairs qui soient en accord avec ses désidératas personnels.

La résilience veut dire alors « s’inscrire dans l’avenir ».

Dans le livre « Traverser l’Enfer et croire encore au Paradis », qui relate sa séquestration à Cleveland, Michelle Knight écrivait ceci :

« J’ai été enchaînée, affamée, battue, violée, pourtant ce monstre n’a pas totalement broyé mon esprit. Je n’ai jamais cessé de croire en la vie… ».

En captivité pendant onze ans, elle avait subi toutes les humiliations dans des conditions inhumaines. Elle n’avait pas perdu la foi.

Par amour pour son fils, par croyance en des jours meilleurs. Elle avait écrit son témoignage pour donner de l’espoir à ceux qui souffrent en silence.

C’est le pouvoir de l’esprit sur le corps. Une véritable énigme dont on n’a toujours pas percé le mystère.

Chacun de nous peut un jour être confronté à ce que Galilée décrivait comme « quelque chose de bien réel dans le champ de l’impossible ».

Ces moments difficiles peuvent s’avérer à des périodes plus ou moins longues, soit comme un caillou dans la chaussure, soit comme un mur qui se dresse devant nous ou un gouffre dans lequel on risque de basculer. D’où la tristesse et le doute.

Comment garder le moral en pareille circonstances ?

On ne s’y attend jamais, on ne le mérite pas non plus et pourtant on transite par la case « mauvaise passe ».

Et on peut avoir la terrible sensation d’impuissance face à un mauvais coup du sort. Parce que la vie lance constamment des balles courbes, des défis de toutes sortes surgissent de toute part.

Les problèmes relationnels, financiers, de santé, la démotivation sont autant d’accidents de la vie. On pourrait y perdre le désir, l’énergie, la passion, l’estime de soi si on n’y prend pas garde.

Et au beau milieu de la tourmente, la grandeur de la peine peut faire croire qu’on n’ira plus jamais mieux.

Et comme on dit, « le malheur ne vient jamais seul », c’est à cause de ce fait ou en parallèle de ce dernier que d’autres problèmes confluent.

C’est là qu’on se dit que le sort s’acharne ou qu’on traverse vraiment une étape de plus difficile.

Ceci mine la vitalité et plonge la personne dans un état pessimiste. Et la grisaille s’installe.

Les insécurités qu’on croyait avoir surmontées refont surface et on est empli de crainte pour son avenir.

Car un vide ressenti dans la vie ne peut trouver une raison d’être une solution dans une échappatoire, il faut impérativement faire face.

Alors, on agit au mieux pour ne pas sombrer.

On réajuste ses attentes, ses plans et on reprend son chemin.
Se relever et rebondir.


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