Parmi les images qui demeurent gravées dans la mémoire collective, une scène se détache par sa puissance tragique et silencieuse : elle se joue à l’entrée de l’Evêché, sur la route Office-Virunga, là où la ville semblait soudain retenir son souffle.
Les soldats gouvernementaux, encerclés et désarmés, accomplissaient leur ultime geste de reddition, livrés à la confusion et au désarroi. L’atmosphère était celle d’un chaos orchestré par l’impuissance : les hommes, privés de toute issue, se pressaient dans un ballet désordonné, oscillant entre peur, résignation et tentative vaine de reprendre l’initiative.
La tension contenue de l’instant rendait palpable la fin imminente de toute résistance, tandis que le crépitement des balles pesant de la ville contrastait avec l’agitation désespérée des soldats.
Un inconnu, témoin de ce moment historique, eut le courage d’immortaliser la débâcle. Les images restituent un spectacle de confusion totale : des camionnettes estampillées FARDC s’entrechoquaient dans un encombrement chaotique, tentant en vain de se frayer un passage, tandis que les militaires, désorientés, chutaient de leurs véhicules devenus obstacles.
Leurs uniformes, jadis symbole d’autorité, n’étaient plus que des lambeaux de pouvoir perdu ; chaque chute, chaque collision accentuait l’impression de désorganisation et de perte irrémédiable.
Cette capture, glaciale et saisissante, témoigne de la fragilité d’une armée dépassée par les événements et de la suprématie tactique de l’AFC/M23, transformant un moment de reddition en une scène mémorable de chaos et de défaite ordonnée.
Des centaines d’hommes, acculés et désemparés, furent conduits au stade de l’Unité sous surveillance stricte, sans subir aucun dommage, dans une scène où la dignité humaine, fragile et vacillante, persistait malgré l’échec.
Ce geste, à la fois pathétique et solennel, incarne le moment précis où le dernier verrou de Goma céda, mettant fin à la résistance formelle de l’armée gouvernementale et illustrant la puissance décisive d’une force disciplinée et déterminée.
La veille, des colonnes entières de combattants de l’AFC/M23 avaient été aperçues pénétrant dans les rues de Goma, après avoir consolidé leur progression depuis Sake, Minova et le corridor stratégique menant à Nyiragongo.
Capitulation et suprématie stratégique
Au matin du 26 janvier 2025, une imposante colonne de soldats chercha en vain à se frayer un chemin par l’entrée de l’Evêché, sur la route Office-Virunga. Les images de cette tentative désespérée furent immortalisées par un témoin dont le courage permit de fixer à jamais ce moment pour l’histoire.
Mais la manœuvre était vouée à l’échec : les positions étaient verrouillées, la supériorité tactique et stratégique de l’AFC/M23 irréfutable. Dans un mouvement collectif et solennel, les FARDC, les contingents de la SADC, les éléments burundais, les FDLR et les mercenaires déposèrent les armes.
La ville, conquise sans effusion de sang inutile, témoignait de la précision et de la maîtrise d’une opération planifiée avec rigueur.
Ainsi s’acheva la bataille de Goma : non dans le tumulte de la destruction, mais dans la capitulation ordonnée d’une armée dépassée par l’intelligence stratégique de son adversaire.
Ce moment, dramatique et solennel à la fois, inscrit dans l’histoire le pouvoir de la discipline et de la planification, rappelant que même au cœur du chaos, la supériorité tactique et la détermination méthodique peuvent inverser le cours des événements et sceller le destin d’une cité longtemps disputée.
Aperçu de la ville de Goma sous l’administration de l’AFC/M23














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