Une violence systémique aux portes de l’oubli au Burundi

Redigé par Tite Gatabazi
Le 28 janvier 2026 à 06:54

Les exactions signalées dans les camps accueillant des réfugiés congolais au Burundi ne relèvent ni de l’incident isolé ni du dérapage ponctuel. Leur constance, leur ciblage méthodique et leur récurrence dessinent, au contraire, les contours inquiétants d’un dispositif de violence structuré, sinon tacitement toléré.

Ce qui se donne à voir, au fil des témoignages concordants, c’est l’installation d’un régime de brutalité ordinaire, où l’agression devient un instrument de contrôle et la peur, une politique silencieuse.

Loin d’être fortuites, ces atteintes traduisent une volonté manifeste de contraindre, de dissuader et d’assujettir des populations déjà fragilisées par l’exil et la précarité.

La peur comme mode de gouvernement des corps

Les violences documentées empruntent des formes diverses mais convergent vers un même objectif : briser les individus et désagréger toute capacité de résistance collective. Attaques ciblées à l’aide d’armes rudimentaires, agressions à l’arme blanche, passages à tabac menés en groupe, menaces persistantes et harcèlement quotidien composent un répertoire de coercition destiné à installer un climat d’insécurité permanente.

Ces actes ne s’exercent pas dans l’ombre la plus reculée, mais souvent aux abords immédiats des camps, voire lors des déplacements indispensables à la survie qu’il s’agisse de se procurer de l’eau, de la nourriture ou d’accéder aux soins.

Ainsi, la violence déborde l’enceinte des camps pour s’insinuer dans chaque geste du quotidien, transformant la quête des besoins les plus élémentaires en épreuve de risque et d’humiliation.

Ce continuum de brutalité, par son caractère répétitif et ciblé, interroge moins la capacité des autorités à ignorer ces faits que leur disposition à les contenir réellement.

En laissant prospérer cette insécurité chronique, on normalise l’inacceptable et l’on condamne des milliers de réfugiés à une existence sous surveillance informelle, gouvernée par la crainte plutôt que par le droit.

Ce silence, qu’il soit indifférence ou calcul, devient alors complice d’une violence qui, à force d’être tolérée, menace de s’enraciner durablement.

Les violences dans les camps de réfugiés congolais au Burundi révèlent un dispositif structuré et inquiétant, loin d’être des incidents isolés

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