RED Tabara dément toute collaboration avec le Rwanda et l’AFC/M23

Redigé par IGIHE
Le 29 janvier 2026 à 03:01

Le groupe armé burundais RED Tabara a catégoriquement rejeté les accusations du président burundais Évariste Ndayishimiye, selon lesquelles il serait lié au Rwanda, à la coalition AFC/M23, et aurait participé à la tentative de coup d’État de mai 2015.

Dans une interview diffusée le 17 janvier sur la chaîne congolaise RTNC, le président Ndayishimiye a une nouvelle fois déclaré que RED Tabara serait, selon lui, instrumentalisé par le Rwanda pour préparer des soi-disant «  attaques  » contre le Burundi.

Il a également accusé le groupe d’avoir été impliqué dans le coup d’État avorté contre l’ancien président Pierre Nkurunziza en 2015 et d’avoir été entraîné par Kigali pour soutenir les opérations de l’AFC/M23 dans l’est de la RDC.

En réponse, Patrick Nahimana, porte-parole de RED Tabara, a nié tout lien avec le Rwanda et l’AFC/M23. «  Quiconque suit la situation régionale sait que le Rwanda a remis 19 combattants de RED Tabara arrêtés sur son territoire le 30 juillet 2021. S’il y avait coopération, cela n’aurait jamais été possible  », a-t-il souligné.

Concernant la tentative de coup d’État de 2015, il a rappelé que les responsables étaient des militaires burundais connus et que RED Tabara, créé en 2011, n’était pas impliqué. «  Assimiler notre mouvement à ce complot est trompeur  », a-t-il insisté.

Formellement connu sous l’acronyme de Résistance pour un État de Droit au Burundi, RED Tabara est un mouvement rebelle né au début de la crise politique de 2015, lorsque l’ancien président Nkurunziza a voulu briguer un troisième mandat controversé. Le groupe s’était alors élevé contre ce qu’il considérait comme une dérive autoritaire, affirmant vouloir rétablir la démocratie, protéger l’accord de paix d’Arusha et lutter contre la corruption du régime.

Basé principalement dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC, RED Tabara est considéré comme le principal groupe rebelle opposé au pouvoir burundais. Il a mené à plusieurs reprises des attaques contre des positions burundaises, notamment le long de la frontière congolaise, revendiquant des opérations contre l’armée burundaise ou ses postes frontaliers.

Depuis 2023, RED Tabara a repris ses opérations à l’intérieur du territoire burundais après plusieurs années de faible activité, une attaque près de Vugizo - ayant fait une vingtaine de victimes - ayant été revendiquée par le mouvement rebelle en décembre 2023. Ces événements ont conduit le Burundi à fermer sa frontière avec le Rwanda.

En revanche, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Amb. Olivier Nduhungirehe, a régulièrement dénoncé les accusations de Gitega, les qualifiant «  d’infondées  », affirmant au contraire des intentions hostiles avérées contre le Rwanda.

«  Ce sont les Burundais qui ont envoyé des soldats se battre aux côtés des forces congolaises contre le M23, dans le but de s’en prendre au Rwanda. Il n’est donc guère surprenant que Ndayishimiye tienne des propos menaçants envers notre pays  », a-t-il entre autres indiqué courant 2025.

RED Tabara a rejeté les accusations du président Ndayishimiye le liant au Rwanda, à la coalition AFC/M23 et à la tentative de coup d’État de mai 2015

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