Un retraité de l’UNESCO prend position pour le 3è mandat du Président Paul Kagame

Redigé par Jean-Baptiste Rucibigango
Le 20 octobre 2016 à 12:32

Il est vrai qu’ il n’ est pas de sauveur suprême en particulier dans un État de droit comme le Rwanda. On dit aussi, plus couramment, que nul n’ est irremplaçable. Cependant, 3.784.584 signatures – soit plus de la moitié des électeurs/ électrices, selon une estimation mesurée - ont adressé au Parlement rwandais une interpellation lui demandant d’approuver le troisième mandant présidentiel de Paul Kagame.
Ce fut fait en respectant toutes les normes démocratiques. Le 18 décembre 2015, par un référendum (...)


Il est vrai qu’ il n’ est pas de sauveur suprême en particulier dans un État de droit comme le Rwanda. On dit aussi, plus couramment, que nul n’ est irremplaçable.
Cependant, 3.784.584 signatures – soit plus de la moitié des électeurs/ électrices, selon une estimation mesurée - ont adressé au Parlement rwandais une interpellation lui demandant d’approuver le troisième mandant présidentiel de Paul Kagame.

Ce fut fait en respectant toutes les normes démocratiques. Le 18 décembre 2015, par un référendum transparent, le peuple rwandais a avalisé ce choix consensuel. Mais il se trouve, en Occident, certains mal- pensants, pour la plupart des néo-colonialistes, des paternalistes et des négationnistes du génocide condescendants qui ont fulminé des jugements comminatoires contre ce projet.

Cas par exemple de Stephen Smith qui, jadis, officiait dans les médias de la haine, ressortit, en juillet dernier, du placard, pour polémiquer à nouveau, dans un éditorial de New York Times. En réplique, un africaniste franco-rwandais, retraité de l’ UNESCO, Augustin Gatera réexamine soigneusement de fond en comble leurs arguments, souvent contradictoires, et suggère leur rejet par une analyse critique exhaustive.

Récension.
La situation du Rwanda est unique

En décembre dernier, écrit Gatera, le Rwanda était de nouveau à la une des principaux médias internationaux. Le projet de révision constitutionnelle en vue d’un troisième mandat du président Paul Kagame en était la cause .

La presse écrite comme Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération, Jeune Afrique , pour ne citer que ceux – là, ont traité, selon leurs goûts, ce sujet, tout autant que les chaînes de radios et de télévisions, dont France Inter, France 24 et TV5. Cependant, indique Gatera, en Belgique, en Suisse,au Royaume-Uni et aux État –Unis, seul New York Times, dans son édition internationale, à l’époque, fait usage d’une expresssion clé :la situation du Rwanda est unique. Cfr. l’éditorial du New York Times du 12 janvier 2016, consécutif au référendum rwandais.

En effet, cette situation n’ a aucun rapport avec les récents conflits soulevés en Afrique par les tentatives de certains chefs d’État de se maintenir, à n’ importe quel prix, au pouvoir. L’éditorialiste de New York Times se référait nommément à Pierre Nkurunziza, président mal ré-élu du Burundi, sur lequel la presse internationale jette, encore aujourd’hui, un haro particulièrement indigné. D’ autres journalistes se fendaient contre l’ ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, assassin présumé du capitaine Thomas Sankara,chassé du pouvoir par la rue, une année plus tȏt, et forcé de fuir en cȏte d’ Ivoire.

En quoi le cas du Rwanda est- il à mettre à part ? s’interroge l’ africaniste Gatera. C’ est sur la base d’ un bilan globalement positif que le président Kagame a été reconduit, par la vox populi, à son troisième mandat. D’ autres candidats peuvent également se présenter à la présidentielle de 2017 - en particulier des femmes qui contrȏlent environ la moitié des partis agréés. Cependant - lire supra, certains ont parlé de contrainte dans les consultations, voire de mascarades sans en apporter la moindre peuve. Le Rwanda était une ruine au sens propre du terme en juillet 1994, que la priorité consistait alors à faire renaître la nation Rwandaise de ses cendres, souligne Gatera.

De longues années de plomb

Faisons un peu d’ histoire. De 1959 à juillet 1994, le pays n’ existait plus comme un ensemble comprenant les Tutsi. Hutu où que tu sois, le Rwanda est à toi, chantaient les Banyuramatwi, la chorale du MDR parmehutu, au lendemain du référendum de septembre 1961 et pendant tout le règne du président Gregoire Kayibanda, et à partir de cette date jusqu’en juillet 1973. Il n’ y avait plus de contestation possible, le Rwanda avait retrouvé ses véritables propriétaires.

Peu importe, par exemple, que dans cette république mono- ethnique Hutu fondée sur le sang des Tutsi , le sort de la femme ne fut guère amélioré, que son image demeurait ce qu’ elle avait toujours été, c’ est - à - dire pliée en deux sur une houe à manche courte et accablée, pendant des journées entières, par une ribambelle d’ enfants, à nourrir et éduquer. Une véritable esclave des temps modernes, privée de perspectives.

En dépit de tout, le Rwanda accéda à l’indépendance le 1erjuillet 1962 et fut même admis dans le concert des nations, sans que personne ait à redire sur le système d’ Apartheid qui sévissait à l’ intérieur de ce pays, où les Tutsi, en particulier, et les Hutu liés aux Tutsi se virent spoliés de tous leurs biens, massacrés, refoulés dans les Tutsilands au Bugesera, ou exilés.

De nombreuses études ont été consacrées à cette page particulièrement sombre de l’ histoire contemporaine du Rwanda, indique A. Gatera. Tout était prêt pour faire triompher la suprématie Hutu, et aliéner un nombre croissant de la plupart de nos concitoyens des droits fondamentaux – y compris le plus élémentaire : le droit à la vie.

La république ethnique, avec ses parrains Occidentaux, fit bouleverser la notion même de démocratie celle – ci étant identifiée, non plus à une majorité politique, mais à la majorité ethnique.En bref, le triomphalisme ethniste fut l’ Alpha et l’ Omega de la jeune république à laquelle la Belgique, d’ abord, et ensuite, la France sous François Mitterrand, accordaient le statut d’ indépendance purement formelle.

En effet que viendrait faire la démocratie dans un État totalitaire – en réalité, une néo- colonie-qui discrimine ses citoyens, sécrète, sur un demi-siècle, des flux ininterrompus des réfugiés politiques et des émigrants économiques, et entièrement dépourvu d’ un projet de société ?

Un recensement réalisé, avec l’ appui financier du PNUD, en 1978, donna 28% Tutsi dans la population globale du pays, sans inclure les réfugiés. Pourtant, aucun Tutsi dans l’administration préfectorale, sauf Jean –Baptiste Habyarimana, aucun officier au sein des forces armées, sauf Épimaque Ruhashya, et tous les 143 bourgmestres appartenaient à l’ethnie majoritaire.

Silicon Valley d’ Afrique Orientale

Dans la période postérieure au génocide de 1994, une personnalité Européenne, que Gatera ne cite pas nommément, a déclaré que les Hutu et les Tutsi vivront paisiblement ensemble le jour où lions et gazelles gambaderont ensemble. Effectivement, c’ était un défi de taille que de faire vivre et cohabiter ces catégories identaires dans un Rwanda Nouveau à renconstruire.

Mais après que les cartes d’identité à mention ethnique furent supprimées, les juridictions Gacaca n’ eurent pas beaucoup de peine à réconcilier les citoyens, aussi bien sur les collines que dans les centres urbains.Il faut noter que ces juridictions déchues à l’époque coloniale, furent relancées après la libération, vers 2001, pour juger les délits de génocide réputés relativement mineurs, mais également servir d’instrument d’unité et de réconciliation nationales.

Il n’ est pas dans les intentions de Gatera de faire, dans le détail, tout le bilan des réalisations du régime du président Paul Kagame, mais il cite d’autres défis majeurs, déjà résolus, dont le pluralisme politique, avec la relance des activités de 11 partis politiques, régis par un principe de démocratie consensuelle, et qui se consultent régulièrement dans le cadre du Forum des Partis [NFPO].

Cette instance permet notamment aux leaders des partis politiques non-représentés au parlement et au gouvernement de s’ exprimer librement et de prendre des décisions sur les pricipaux problèmes du pays, sans qu’ aucune formation politique puisse s’ attribuer un droit de veto.

Parmi d’autres réalisations, il convient de citer l’essor économique du Rwanda Nouveau, sa décentralisation administrative, les services de santé publique accessibles à tous les citoyens, l’enseignement primaire universel gratuit pour tous les enfants, le programme Ndi Umunyarwanda, qui a institué une citoyenneté commune à tous les citoyens, et la dignité de la femme. Sur le plan économique, en particulier, on dit que le Rwanda est devenu le Silicon Valley d’ Afrique Orientale.

Les cimetières sont pleins de personnages irremplaçables
Augustin Gatera conclut son raisonnement par cet aphorisme funeste qu’ on vient de citer. Nul ne devrait en être offusqué ou choqué. Il veut dire simplement que le président Paul Kagame n’ a aucune prétention de s’éterniser au pouvoir, mais, en même temps, il faut éviter de briser l’élan de reconstruction nationale en s’ embarquant, dans un brouillard, sur un navire inconnu. Cf. La Nuit rwandaise, revue annuelle, no 10 du 7 avril 2016, p.198.

N’ en déplaise à ses détracteurs, le Rwanda est aujourd’hui une démocratie vivante, avec des femmes dans toutes les instances de prise de décision. Ndi Umunyarwanda , qui est au cœur de la pensée intime du président Kagame a marqué un tournant, en bannissant toutes les anciennes discriminations sociales, de sexe, d’ ethnie ou de religion. Le peuple rwandais est en marche, résolument, vers l’édification d’ un État de droit, émergent.

Processus pour lequel Augustin Gatera invite la communauté internationale de ne pas court – circuiter ou, tout au moins, de s’ abstenir de toute ingérence malveillante. Citation : le Rwanda est comme une personne qui sort d’ une longue et grave maladie et qui, en conséquence, a besoin d’ une convalescence que parents et amis doivent respecter. Ibidem, p. 198. Que Dieu bénisse le Rwanda, notre belle patrie éternelle.

Faut- il d’ailleurs rappeler ici que parmi les détracteurs du troisième mandat du président Paul Kagame, il n’ existe à travers le monde, que des négationnistes de génocide,remis en selle. Il ne s’ agit pas de coïncidence. On sait que depuis Lavoisier les mêmes causes produisent les mêmes effets.Ainsi Stephen Smith, ou Steve, pour les familiers, journaliste franco-américain et servile propagandiste de l’ armée française, pour laquelle il avait vainement essayé de sauver la mise en Somalie et, plus encore au Rwanda, dès juillet 1994, en usant sa position influente successivement dans les 2 principaux quotidiens de gauche, Le Monde et Libération, pour produire les opportuns discours ciselés en défense de l’armée française.

Depuis cette époque, on croyait que la réputation de Steve n’ était plus a faire et que cet agent de désinformation s’est retiré prudemment, définitivement, dans une université américaine, certes prestigieuse, où il tient la chaire d’ African& American Studies ! Mais le voilà revenu sur la scène publique et médiatique, comme la fameuse hydre de la légende. Mais jamais le Rwanda Nouveau ne reviendra à la case départ. Et rien ni personne ne l’ arrêtera dans sa marche irréversible en avant comme les étoiles et les galaxies.

*L’auteur Jean-Baptiste Rucibigango est un Député au Parlement rwandais. Il a été longtemps journaliste de presse écrite locale "La Nouvelle Relève" avant de prendre la direction du parti PSR connu pour son penchant de la gauche rwandaise tout en appuyant les efforts de développement du FPR, parti au pouvoir.


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